L’audace participe de notre bien-être autant que de nos réussites. Comment pratiquer l’audace au quotidien ? Idées et astuces partagées par Delphine Buisson.

Audace : mouvement de l’âme qui pousse à des actions extra-ordinaires.

 

Les vertus connues de l’audace

Ne rien tenter, c’est déjà échouer, Eisenhower. Le succès fut toujours un enfant de l’audace, Voltaire. Quelques mots est tout est dit, ou presque, des vertus de l’audace. L’audace a quelque chose à voir avec
l’élan, le mouvement et donc avec la vie. Notez que audace est du genre féminin. C’est entendu. 1000 fois on nous a répété que l’avenir appartient aux audacieux, et plus récemment aux audacieuses. Traduisez, sans audace, point de futur désirable. J’aime dire que le présent surtout, appartient aux audacieux et aux audacieuses.

pix-article-webzine-la-parisienneLa pensée audacieuse fait frémir. Frissons de peur et de désir se mêlent. Le passage à l’acte donne un sentiment de libération, de puissance et de détermination. Indépendamment des résultats escomptés, oser, verbe d’action, porte en lui-même sa dynamique vertueuse. Osez, et déjà, vous vous sentez mieux. Chaussez les baskets, et la sensation de bien-être, liée au contentement de soi-même, apparait. Même l’incertitude de la suite ne parvient pas à minimiser ce sentiment intense provoqué par l’action : cliquer, s’inscrire, se lancer, se déclarer, oser dire « non », oser dire « oui », oser changer, oser apprendre, oser dire « je ne connais pas la réponse« , oser réclamer, oser s’écouter et s’autoriser à ressentir, oser créer, recréer et aimer.

Comment arrêter d’avoir peur de ne pas y arriver, peur de ne pas être capable, peur de se tromper, peur d’être jugée, peur de ne plus être aimée? C’est dans la sueur que je dissous mes peurs. Toujours, derrière l’acte d’audace, se cachent les surprises. Elles ne seront pas toutes bonnes, mais elles seront toutes miennes puisque j’aurai choisi. Là est la grande différence : l’audacieuse ne subit pas, elle choisit. Lifestyle. Et en cas d’échec, j’aurai appris. Et je pourrai re-tenter, me donner une autre chance de réussir.

Repérez les PP et fréquentez assidûment vos « pourquoi pas »

Ca ne vous a pas échappé, nous croisons dans notre vie deux catégories de personnes : les PP et les PP. Les premiers PP,  je les appelle les « PAS POSSIBLE ». Quoique vous entrepreniez, ils vont passer du temps (beaucoup de temps!) à vous expliquer, consciencieusement, que ça ne va pas marcher, et même photo1-webzine-article-la-parisienneles raisons pour lesquelles ça ne marchera pas : Tu n’auras jamais le temps de t’entraîner; avec tes 5 kg en trop, tu vas arriver la dernière, c’est ridicule. Toutes ces femmes ensemble, c’est pas un peu malsain ? Tu perds ton temps. Ne change rien, c’est mieux ainsi.

J’ai personnellement rencontré des PAS POSSIBLE à trois reprises au moins dans ma vie : en 1989, la conseillère d’orientation du lycée m’explique longuement que je n’ai pas le profil pour suivre une classe préparatoire et entrer dans une grande école. Un an plus tard, j’entre au Lycée Michel Montaigne à Bordeaux où je passe deux années magnifiques. J’intègre ensuite l’ICN Business School qui m’a permis d’étudier en Amérique du sud. En 2009, un médecin du sport, alors que je lui demande un conseil pour mon genou douloureux après un Trail, décréte sans délicatesse que je ne suis pas faite pour le running. Trop grande. Trop lourde. Je n’ai pas un physique de coureuse. Il me conseille d’abandonner. La même année, je cours le marathon de New York, puis celui de Paris. Je participe au stage de reconnaissance de l’UTMB cet été là. En 2010, récemment divorcée, sans emploi, enceinte de mon 3ème enfant, on me prédit une vie petite et médiocre, privée d’amour (40 ans et un bébé, bonne chance !), d’argent et de réussite. Et puis mes enfants vont échouer dans la vie, c’est sûr. Il faut me préparer à survivre, et apprendre à m’en contenter.

Les « pas possibles » sont des ennemis de l’audace. Ils construisent des murs d’objections raisonnables. Ils sont très faciles à repérer : vous vous sentez généralement mal et inutile, moche et nulle, un brin coupable, après avoir échangé avec eux. Fuyez-les sans hésitation. A bien y regarder, ce sont d’ailleurs rarement des pratiquants de l’audace. Leur vie ne fait pas envie, n’a rien de remarquable. Contrairement aux audacieux qui eux, partagent volontiers, les bienheureux, leurs succès autant que leurs mésaventures.

Les seconds PP sont des personnes merveilleuses. Je les appelle les « POURQUOI PAS », les cultivateurs d’audace. Le « pourquoi-pas » est une personne qui a une attention particulière à vous. Parce qu’il vous vous observe et s’intéresse sincèrement à vous, il identifie votre potentiel. Il repère aussi vos freins sans complaisance, mais avec une grande bienveillance. Personne n’est parfait. Et c’est heureux ! Le « pourquoi pas » vous consacre du temps de qualité. Un regard suffit parfois. Le pourquoi pas, c’est celui qui vous invite non pas dans sa course, mais dans votre course. Le « pourquoi pas » est une personne qui croit en vous, et qui nourrit une confiance que vous n’avez pas (encore) en vous même. Le « pourquoi pas » vous donne la possibilité de tout entreprendre.

Vous l’avez compris, nous sommes souvent nos propres PP : je suis régulièrement mon premier «PAS POSSIBLE ».

Alors comment faire pour devenir plus souvent, mon propre « POURQUOI PAS » ?

1- Ecoutez vos désirs

Qu’est-ce qui vous fait envie ? Inspirez-vous, stimulez votre capacité à rêver, rencontrez vos champions.Et si c’était ça, la plus grande des audaces : s’autoriser à rêver ? Décrivez votre rêve, consacrez du temps à lui
donner une forme (mots, dessins, images). Et inscrivez-le dans le temps. Posez 3 croix sur le calendrier (je
delphine-buisson-webzine-article-laparisiennem’inscris, la ligne de départ, la ligne d’arrivée
). Le premier pas c’est toujours de s’inscrire.

Si vous tenez absolument à vous poser des questions, posez-vous les questions suivantes : quel est le risque réel à m’engager ? Et si je m’engage, et si je lui dis, et si je le fais, qu’est-ce qui peut se passer de terrible ? Suis-je prête à vivre  avec les regrets de ne pas avoir tenté, et de ne jamais savoir si j’en étais capable ?

Plus je fais, plus je cours, plus je m’éprouve. Je démontre (à moi même avant tout) que je suis capable. Je remplis ma boite à médailles, et mon réservoir de confiance et d’estime se remplit aussi. Mieux, je construis mon référentiel de progrès : j’ai déjà réussi, je sais mettre en place mes stratégie de succès, j’affine mes objectifs en fonction de mes désirs, je cherche à aller plus loin, ou bien à explorer d’autres courses.

Une astuce : aujourd’hui est toujours une excellente date pour démarrer quelque chose. Je réserve la baby sitter et je passe la soirée avec cet inconnu rencontré sur internet, je pose un RTT rien que pour moi, je travaille mon profil Linkedin avec un coach, je m’inscris à ce programme de formation, je demande un entretien à mon boss pour réclamer ce super poste, j’invite belle-maman à déjeuner pour lui parler vraiment (sans les enfants et sans son fils), je rappelle ma copine et je lui dis qu’elle me manque, je m’inscris à La Parisienne. Rappelez-vous, il n’y pas de petites audaces.

2- Pratiquez l’audace

Comment passer du rêve à la réalité ? Je n’ai pas trouvé d’autre moyen de vivre une vie accomplie et heureuse : je l’entreprends.

  • Tedx Jacques Attal : Entreprendre sa vie ? Voir la video, ici

photo2-article-webzine-la-parisienneJe suis devenue une pratiquante de l’audace. Je dis bien « devenue pratiquante » car on pense souvent que l’audace est une disposition de l’esprit, un don de naissance, voire un trait de caractère. Parfois sans doute. Bonne nouvelle : l’audace est avant tout une affaire de pratique. Avoir réalisé un exploit un jour, c’est formidable. Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas se réinscrire à la course suivante, sitôt la ligne d’arrivée franchie ? Surfer sur la vague de la joie. L’audace, comme toute attitude positive, réclame son quota d’entraînement. Un peu chaque jour, un peu chaque semaine, un peu chaque année. A force de pratiquer, l‘audace a du génie, du pouvoir, de la magie, Goethe. Il faut s’entraîner à l’audace pour en percevoir les mécanismes et pour en retirer les fruits. Culot, témérité, insolence, désobéissance. C’est bien parce que j’ose faire, faire différemment, faire autre chose, expérimenter et vivre, que je suis en mesure ensuite d’oser dire : « je vœux », d’oser dire non. En osant, je précise qui je suis, ce que j’aime, ce qui me déplait, ce qui me rend heureuse. Ou pas. En osant, je deviens moi, plus confiante et plus aimable, une personne à aimer. L’audace fait partie de mon calendrier et de ma vie.

3- L’audace a mille visages : choisissez les vôtres

L’héroïne, c’est vous et personne d’autre. Remettez-vous au centre de votre scénario de vie. Et choisissez. L’audace, c’est entreprendre quelque chose d’extra-ordinaire relativement à soi. Prendre la parole en classe quand j’étais enfant relevait pour moi d’un effort surhumain. Ne laissez personne juger de votre audace. L’acte audacieux est personnel : votre audace parce qu’elle est la vôtre, sera formidable. Commencez par une minuscule, une audace qui vous rend fière. Notez bien ce sentiment délicieux dans votre coeur, mieux, dans votre boite à médailles. Si vous n’avez pas de boite à médailles, ouvrez-en une sans attendre. Je ne sais expliquer pourquoi, les femmes ont une curieuse tendance à minimiser leurs réalisations : « Puisque je l’ai fait, ça ne devait pas être si difficile ». Fi de la modestie ! Célébrons sans complexe nos réussites. Congratulons-nous bruyamment. Sortons les médailles de la boite plus souvent. Si ça n’est pour nous-mêmes, nous avons après tout, la responsabilité d’inspirer nos enfants, nos sœurs. Il nous appartient de rendre fières nos mères, nos hommes et tous les gens qui aiment nous voir « bien dans nos baskets » simplement parce qu’ils nous aiment.

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